ADÉNOME HYPOPHYSAIRE ET NERF OPTIQUE : fond d’œil, champ visuel
- Docteur Marie Hamy | Ophtalmologue Lille Tourcoing
- il y a 2 heures
- 9 min de lecture
L’adénome hypophysaire est la 2e tumeur cérébrale la plus fréquente après le méningiome, il représente 10 à 15% des tumeurs cérébrales.
L’adénome hypophysaire est un adénome à prolactine dans 60 % des cas.
L’âge moyen est de 35 à 45 ans, la prévalence de 1 pour 1 000 habitants, et l’incidence de 1 pour 100 000 habitants par an.
L’adénome hypophysaire est une tumeur bénigne non cancéreuse de l’hypophyse, qui est une petite glande suspendue sous le cerveau qui mesure environ 1cm.
Dans cet article, découvrez les types, symptômes, traitements, d'un adénome hypophysaire.
Si vous présentez un adénome hypophysaire, et que vous cherchez un ophtalmologue à Lille, prenez rendez-vous dans notre cabinet d'ophtalmologie à Lille.
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Résumé à retenir sur : l'adénome hypophysaire et le risque pour le nerf optique
• Définition de l'adénome hypophysaire
tumeur bénigne non cancéreuse de l’hypophyse, petite glande suspendue sous le cerveau
• Type de l'adénome hypophysaire
adénome hypophysaire à prolactine, lactotrope, corticotrope, thyréotrope, somatotrope
• Symptômes de l'adénome hypophysaire
maux de tête, migraines, céphalées, nausées, vomissements, vertiges, convulsions, crises d’épilepsie ..
• Diagnostic de l'adénome hypophysaire
imagerie et IRM cérébrale, biologie et bilan hormonal, ophtalmologie et bilan oculaire
• Traitement de l'adénome hypophysaire
surveillance, chirurgie, comprimés de BROMOCRIPTINE (PARLODEL) CABERGOLINE (DOSTINEX)
• Pronostic de l'adénome hypophysaire
évolution lente, ne se généralise pas, ne métastase pas

Anatomie
L’hypophyse est une petite glande suspendue sous le cerveau entre :
• le chiasma optique et les nerfs optiques au dessus,
• le sinus caverneux et les nerfs oculomoteurs sur les côtés,
• le sinus sphénoïdal en dessous.
L’hypophyse est la glande qui commande toutes les autres glandes du corps :
• la glande thyroïde (du métabolisme),
• les glandes surrénales (du stress),
• les seins, ovaires, testicules ..
et qui commande donc toutes les sécrétions d’hormones du corps entier :
• l’hormone de croissance (GH),
• l’hormone du stress (cortisol),
• l’hormone du métabolisme (thyroïde),
• de la lactation (prolactine), reproduction (testostérone, progestérone, œstrogènes),
• et l’hormone des urines (antidiurétique).
Une hormone est un messager, sécrétée par une glande, transportée par le sang, commandant un organe.
Taille de l’adénome hypophysaire
L’adénome hypophysaire peut grossir et comprimer :
• le chiasma optique et les nerfs optiques au dessus,
• le sinus caverneux et les nerfs oculomoteurs sur les côtés,
• le sinus sphénoïdal en dessous.
• On parle de microadénome de moins de 1cm, macroadénome de plus de 1cm.
• En cas d’adénome à prolactine, on parle de macroprolactinome au dessus de 1 cm.
Type d’adénome hypophysaire
L’adénome hypophysaire peut produire et sécréter des hormones :
• l’hormone de croissance (GH),
• l’hormone du stress (cortisol),
• l’hormone du métabolisme (thyroïde),
• de la lactation (prolactine), reproduction (testostérone, progestérone, œstrogènes),
• et l’hormone des urines (antidiurétique).
Le type d’adénome hypophysaire dépend de sa sécrétion :
• Adénome lactotrope : adénome à prolactine : prolactinome : hyperprolactinémie :
infertilité, aménorrhée, absence de règles, règles irrégulières, galactorrhée, montée de lait, écoulement de lait, trouble de la libido, problèmes de règles ou d’érection
• Adénome corticotrope : hypercorticisme :
syndrome de cushing, prise de poids, perte de muscle, poils du visage, vergetures, ecchymoses, ostéoporose, amyotrophie, hypertension, diabète, obésité, pilosité, acné
• Adénome thyréotrope : hyperthyroïdie :
perte de poids, palpitations, transpiration, tremblements, essoufflement, amaigrissement, diarrhées, bouffées de chaleur, sueurs, soif ..
• Adénome somatotrope : acromégalie :
gigantisme, ronflement, apnée du sommeil, sueurs nocturnes, hypertension, diabète, modification du visage, des mains des pieds,
Risque ophtalmologique de l’adénome hypophysaire
• Adénome hypophysaire comprimant le chiasma optique et le nerf optique : neuropathie optique :
vision trouble, baisse d’acuité visuelle, perte du champ visuel latéral, perte de la vision sur les côtés, rétrécissement du champ visuel
• Adénome hypophysaire comprimant le sinus caverneux et le nerf oculomoteur : paralysie oculomotrice :
vision double (diplopie), difficultés à bouger les yeux, pupille dilatée (mydriase), paupière qui tombe (ptosis), œil exorbité qui sort (exophtalmie), œil bloqué qui ne bouge plus (paralysie)
• Adénome hypophysaire comprimant le sinus caverneux et le nerf trijumeau : névralgie du trijumeau :
douleurs d’une seule moitié du visage, douleur d’un seul côté du visage, douleur brutale et insupportable, à type de décharge, choc électrique, coup de poignard, qui évolue par crises, pics, salves, engourdissement ou picotements du visage ..
Adénome hypophysaire et compression du nerf optique
Le nerf optique est le câble situé à l’arrière de l’œil, il est comparable au câble électrique d’un appareil photo.
La rétine est le récepteur ou capteur, qui reçoit l'image, qui transforme l'image en message.
Le nerf optique est le transmetteur ou câble, qui envoie l'image, qui transmet le message de l’œil au cerveau.
L'adénome hypophysaire peut être source de troubles visuels ou problèmes oculaires à cause :
• d’une neuropathie optique compressive,
• d’une paralysie oculomotrice,
• du chiasma optique et des nerfs optiques au dessus,
• du sinus caverneux et des nerfs oculomoteurs sur les côtés.
Symptômes d’un adénome hypophysaire comprimant le nerf optique
La principale complication est la compression et destruction progressive du nerf optique et du champ visuel périphérique.
La vision disparaît sur les côtés, le patient perd la capacité à voir sur les côtés sans tourner la tête, le patient ne voit plus en périphérie, le patient ressent un flou visuel, un rétrécissement du champ visuel, le patient se plaint de taches aveugles et angles morts.
• Baisse d’acuité visuelle: unilatérale ou bilatérale, brutale ou lente, totale ou partielle, douloureuse ou indolore
• Perte du champ visuel: central ou périphérique, horizontal ou vertical
• Déficit du réflexe pupillaire: pupille dilatée d’un côté
• Trouble de la vision des couleurs: du rouge et vert OU jaune et bleu (dyschromatopsie)
Diagnostic d’un adénome hypophysaire comprimant le nerf optique
L’acuité visuelle est le plus souvent normale. Le fond d’œil est le plus souvent normal également.
C’est le champ visuel qui permet de poser le diagnostic devant une quadranopsie temporale supérieure, une hémianopsie bitemporale, un rétrécissement concentrique du champ visuel périphérique.
Le fond d’œil retrouve parfois une pâleur du nerf optique ou une atrophie optique.
Le scanner du nerf optique retrouve une perte en fibres optiques.
• Acuité visuelle: flou, voile, brouillard
• Champ visuel: perte de la capacité à voir sur les côtés, rétrécissement du champ visuel
• Vision des couleurs: ternissement des couleurs
• Réflexe pupillaire: pupille dilatée d'un seul côté
• Mouvements oculaires: perte de la capacité à bouger les yeux`
• Fond d’œil: pâleur papillaire, œdème papillaire, atrophie optique, excavation papillaire
• Champ visuel: scotome central, rétrécissement périphérique
• Scanner du nerf optique (OCT): perte en fibres optiques
• PEV (ECG du nerf optique): retard, latence
Symptômes d’un adénome hypophysaire
Les symptômes d’un adénome hypophysaire dépendent de :
• la sécrétion d’hormones,
• la taille et la croissance de la tumeur,
• la localisation et la compression par la tumeur des structures voisines.
Les symptômes de l’adénome hypophysaire dépendent de :
• la taille de l’adénome hypophysaire,
• le type d’hormone sécrétée par l’adénome hypophysaire.
Diagnostic d’un adénome hypophysaire
Symptômes d'un adénome hypophysaire
• maux de tête, migraines, céphalées, nausées, vomissements, vertiges ..
• Troubles visuels : par compression du chiasma optique et des nerfs optiques au dessus, du sinus caverneux et des nerfs oculomoteurs sur les côtés.
• Troubles hormonaux : par production de prolactine, de cortisone, d’hormone de croissance ..
Imagerie et IRM cérébrale
L’IRM sert à évaluer :
• la taille de l’adénome hypophysaire,
• la croissance de l’adénome hypophysaire,
• la compression par l’adénome hypophysaire :
du chiasma optique et des nerfs optiques, ou du sinus caverneux et des nerfs oculomoteurs.
Biologie et bilan hormonal
La prise de sang sert à évaluer :
• le type d’hormone sécrétée par l’adénome hypophysaire.
La prise de sang sert à doser les hormones dans le sang :
• prolactine, cortisol, ACTH, TSH, T3L, T4L, FSH, LH, œstradiol, progestérone, testostérone, IGF‑1
Ophtalmologie et bilan oculaire
• acuité visuelle, champ visuel, réflexe pupillaire, mouvements oculaires, vision des couleurs, fond d’œil, scanner du nerf optique (OCT)
Traitement d’un adénome hypophysaire
Le traitement de l’adénome hypophysaire dépend de :
• la sécrétion d’hormones,
• la taille et la croissance de la tumeur,
• la localisation et la compression par la tumeur des structures voisines.
• la stabilité ou évolutivité de la tumeur,
• les symptômes et risques de la tumeur,
• l’âge et l’état général du patient.
En l’absence de symptôme, de croissance, de compression, une simple surveillance par IRM est souvent suffisante.
Si l’adénome hypophysaire ne provoque pas de symptômes, si l'adénome hypophysaire bien stable et ne grossit pas, une simple surveillance par IRM est souvent suffisante.
Les options de traitement de l’adénome hypophysaire sont : la surveillance, les comprimés, la chirurgie.
• Surveillance : pour un adénome hypophysaire sans sécrétion sans symptôme et de taille stable, une surveillance par IRM est suffisante.
• Chirurgie : pour un adénome hypophysaire sécrétant, symptomatique, ou compressif, ou évolutif.
• Comprimés : pour un prolactinome par BROMOCRIPTINE (PARLODEL) ou CABERGOLINE (DOSTINEX)
• Surveillance : de la croissance et compression par IRM et de la sécrétion par prise de sang :
pour un micro adénome non sécrétant non symptomatique non compressif non évolutif, de petite taille et de taille stable, et asymptomatique.
• Chirurgie : en cas de sécrétion hormonale ou de compression visuelle :
pour un macro adénome sécrétant, symptomatique, compressif des voies visuelles, évolutif de taille croissante.
• Comprimés : en cas de prolactinome par BROMOCRIPTINE (PARLODEL) ou CABERGOLINE (DOSTINEX)
Surveillance de l'adénome hypophysaire
Le traitement de l’adénome hypophysaire n’est nécessaire que si celui-ci est sécrétant ou compressif : s’il sécrète des hormones ou comprime les structures voisines.
Dans tous les autres cas une simple surveillance est suffisante avec un suivi :
en radiologie par IRM, et endocrinologie par bilan sanguin, et ophtalmologie avec champ visuel.
Traitement médical de l'adénome hypophysaire
Le seul traitement de l’adénome hypophysaire est chirurgical, sauf en cas de prolactinome un traitement médical par agonistes dopaminergiques : BROMOCRIPTINE (PARLODEL) ou CABERGOLINE (DOSTINEX) existe.
Traitement chirurgical de l'adénome hypophysaire
• Le but de la chirurgie est de retirer la totalité de l’adénome, ou de supprimer la compression, de soulager les symptômes.
• La décision de chirurgie dépend de la taille et sécrétion de l’adénome et du risque de compression des structures adjacentes.
• Les risques de la chirurgie dépendent eux aussi de la localisation de l’adénome et du risque de lésion des tissus voisins.
Pour prendre la décision d’opérer, les risques de compression par l’adénome doivent être supérieurs aux risques de lésion par la chirurgie.
L’opération est réalisée en neurochirurgie ou en ORL en passant par le nez par endoscopie par voie endonasale ou transphénoïdale sous anesthésie générale.
L’opération dure 1 à 2 heures, et l’hospitalisation 3 à 5 jours, avec un arrêt de travail de 1 à 2 mois.
Le but est de retirer l’adénome situé sous le cerveau en passant par le nez en s’aidant d’une caméra.
• Les risques de la chirurgie de l’adénome hypophysaire sont :
la rhinorrhée (écoulement d’eau sucrée par le nez ou la gorge), la brèche méningée, la méningite.
• Les consignes après la chirurgie de l’adénome hypophysaire sont :
lavages de nez au sérum physiologique 6 fois par jour, ne pas se moucher ou renifler, ne pas éternuer ou tousser.
Pronostic de l’adénome hypophysaire
• L’adénome hypophysaire est de croissance lente, ne se généralise pas, ne métastase pas.
L’adénome hypophysaire évolue lentement sur plusieurs mois voire années et passe inaperçu sans aucun symptôme apparent. La maladie apparaît et s'aggrave sans que le patient ou le médecin ne s'en rende compte.
• En raison de sa bénignité, la gravité de l’adénome hypophysaire réside dans son caractère évolutif et compressif : la croissance de la tumeur, la compression par la tumeur.
L’adénome hypophysaire engage exceptionnellement le pronostic vital par apoplexie hypophysaire et panhypopituitarisme mais plus fréquemment le pronostic visuel par compression du chiasma optique ou nerf optique.
Le pronostic visuel dépend de la précocité du diagnostic et de la chirurgie.
• Un bilan ophtalmologique initial est indispensable, avec acuité visuelle, champ visuel, fond d'oeil, afin d'évaluer le risque de cécité.
• Un suivi ophtalmologique régulier est essentiel, pour vérifier l'absence de récidive avec atteinte du nerf optique.
Conclusion
En conclusion, l'adénome hypophysaire est une pathologie rare mais potentiellement grave de conséquences visuelles s’il n’est pas diagnostiqué et traité rapidement.
Son évolution souvent lente peut retarder le diagnostic et donc le traitement, d’où l’importance d’une vigilance accrue face à toute baisse progressive de la vision ou du champ visuel.
Une collaboration étroite entre ophtalmologue et neurochirurgien permet d'adapter le traitement à chaque patient. Une surveillance ophtalmologique régulière est essentielle.
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